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Acteurs du territoire et de la gestion de crise, élus et services techniques, monde de la recherche et de l’enseignement, structures d’éducation à l’environnement, structures culturelles et artistiques… Cette journée a réuni plus de 200 participants d’horizons variés pour échanger autour de la thématique de la culture du risque inondation.

Tout au long de la journée, conférences, tables-rondes, ateliers et village des projets ont permis aux participants de laisser déborder leurs idées pour réfléchir ensemble à la question de la sensibilisation de la population aux risques d’inondation.

Cette journée s’inscrit dans la continuité de l’appel à projets initié en 2017 dont les 10 lauréats étaient présents pour présenter leurs projets innovants.

Pour en savoir plus sur l’appel à projets « Culture du risque inondation Rhône Saône », consultez la rubrique dédiée.


Lors de la dernière crue, les anciens de Thil ont dit que ce n’était rien par rapport à ce qu’ils avaient pu connaître en 1990 alors que les nouveaux habitants étaient comme à Disney        B.Loustalet, maire de Thil

Partant du postulat que la perception du risque inondation par la population est forcément multiple (diversité de contexte, de ressenti, de vécu...), les intervenants ont partagé des pistes de réponses et des exemples d’outils pour développer la culture du risque sur un territoire donné.

Développer une culture du risque, c’est faire en sorte que les gens perçoivent le risque mais aussi qu’ils se l’approprient, afin d’agir en responsabilité pour engager des actions de prévention et de sauvegarde.

S’approprier le risque c’est comprendre les conséquences que peut avoir la crue sur sa situation personnelle        I.Richard, chercheuse en psychologie de l’environnement

Cela passe tout d’abord par l’éducation au territoire en accompagnant la population pour favoriser une meilleure connaissance du fleuve, de son fonctionnement, comprendre les atouts et les contraintes qui en résultent, et ce dès le plus jeune âge. Plusieurs exemples ont été présentés : promenades guidées sur la thématique des inondations, projets de valorisation de berges avec des œuvres artistiques et des panneaux informatifs, jeux contextualisés…

Par le biais d’enquêtes, les enfants sont allés à la rencontre des adultes et ont diffusé des messages : c’est les enfants qui amènent les parents à s’intéresser à ces problématiques        C.Blum, chargée de la politique éducative au département de la Drôme

La culture du risque s’appuie également sur une construction collective sur le long terme : il est important de créer des lieux de partage où pouvoirs publics, population et acteurs du territoire peuvent réfléchir ensemble aux façons de vivre avec le fleuve et imaginer les territoires résilients de demain.

Tous les ingrédients sont là. Maintenant, pour développer une culture commune, il faut développer notre capacité à travailler ensemble, à l’échelle locale et sur le temps long : élus, population, écoles, … tous ensemble        R.Roux, président du CPIE d’Arles

Les intervenants :

De nombreux projets utilisent des dispositifs de sensibilisation portés par des artistes et des structures culturelles. Ces projets vulgarisent le sujet technique du risque inondation en projet ludique et créatif pour le grand public qui en est l’acteur principal. Ils en favorisent ainsi
l’appropriation.

Ces projets viennent en compléments des outils réglementaires existants        P. Ferren, directeur adjoint du Pôle Arts&Urbanisme

Le choix de développer ces approches décalées provient de constats factuels, analysés grâce aux sondages sur la perception du risque inondation effectués auprès des riverains du Rhône et de la Saône tous les trois ans depuis 2006 dans le cadre du plan Rhône. Les chiffres sont marquants : 1 riverain sur 2 ne sait pas qu’il se situe en zone inondable. Sans alarmer, culpabiliser ou dé-dramatiser trop, ces approches permettent des formes de catharsis individuelles ou collectives invitant chaque personne à bâtir sa propre représentation du fleuve, de ses dangers et des conditions potentielles de l’inondation.

l’art, le jeu, par la créativité et l’espace de liberté laissé aux populations cibles, peuvent permettre beaucoup mieux l’appropriation des dispositifs et l’apprentissage ancré dans de nouvelles pratiques, et surtout dans le plaisir…        P. Texier maître de conférence en géographie à l’université Lyon 3 Jean Moulin


Sur un sujet technique, le public devient acteur, responsable et se décale de son intérêt particulier vers les intérêts collectifs et les solidarités        M. Mizzi chargée de mission Plan Rhône, DREAL Auvergne-Rhône-Alpes

Les intervenants :

CIT’IN CRISE est un jeu de simulation de gestion de crise inondation, développé par les écoles des Mines de Saint-Étienne et d’Alès dans le cadre de l’appel à projet « Culture du Risque Inondation Rhône-Saône » porté par le Plan Rhône. Grâce à des maquettes 3D, un film et des documents textuels et photographiques, les participants sont immergés dans une situation d’inondation d’une commune fictive, représentative du contexte rhodanien. Ils doivent alors endosser le rôle d’acteurs (préfet, maire, agents des services techniques…) pour gérer au mieux la crise au niveau communal.

La culture du risque est traditionnellement appréhendée grâce à des outils, réglementaires ou non, destinés aux citoyens et au milieu éducatif. Le sujet est souvent insuffisamment traité en milieu professionnel, que ce soit pour valoriser la mémoire du risque et les savoir-faire, ou pour accompagner des implantations d’entreprises en zone inondable.

L’atelier aborde le sujet de la culture du risque dans le monde professionnel selon trois prismes :

 

  • créer et entretenir une culture du risque et des compétences dans une collectivité ou une entreprise pour ne pas accroître la vulnérabilité : comment former les agents, maintenir cette culture vivante, accompagner les compétences et les pérenniser même en cas de changement structurel/ organisationnel ?
  • activités économiques en zone inondable : comment agir auprès d’entreprises exposées au risque mais qui n’en ont pas conscience ?
  • intégrer la culture du risque inondation en amont d’un projet économique : comment faire de la culture du risque une composante à part entière dans la construction d’un projet d’aménagement ?

Les riverains du Rhône ont la parole et vous racontent « leur histoire » du fleuve Rhône.

À travers le documentaire Pêcheurs d’Histoires, Philippe Crozier et son équipe mettent en exergue la perception du risque inondation au fil du temps et le long des territoires traversés par le fleuve Rhône. Nous découvrons ainsi l’histoire d’un fleuve sauvage, aujourd’hui métamorphosé par la main de l’homme.

Cet atelier débute par une projection de 20 minutes, présentant des séquences choisies parmi les deux premiers volets de la trilogie Pêcheurs d’Histoires :

 

  • Sur ma maison, passent les bateaux, 2013 - 75 minutes
  • Ce fleuve notre voisin, 2016 – 70 minutes

À l’issue de la projection, un débat est proposé afin de réfléchir ensemble sur :

 

  • L’importance de conserver et de faire vivre la mémoire sur un territoire
  • L’utilisation de la mémoire collective afin de mieux préparer l’avenir.

Philippe Crozier est accompagné de Jean-Pierre Ollier, adjoint au patrimoine, à la communication et à l’animation de la commune de La Roche de Glun.

Remparts, repères de crues, batardeaux, ... sont autant de témoins de la cohabitation entre une ville et son fleuve. Le CPIE du Vaucluse propose une balade commentée dans les ruelles
d’Avignon pour découvrir ces indices de crues laissés par le Rhône au fil des siècles.

L’éducation aux risques majeurs fait partie intégrante des programmes scolaires. Il n’est  pourtant pas aisé d’aborder la thématique avec un public très jeune, le sujet étant complexe et
potentiellement anxiogène. Un nombre croissant de projets mobilise des approches et outils innovants pour aborder le sujet dans une perspective d’éducation plus globale au développement durable et d’amélioration de la résilience individuelle et citoyenne.

La problématique des risques naturels peut être abordée en classe de diverses manières et fait souvent l’objet d’un projet pluridisciplinaire mêlant histoire, géographie, culture, environnement,
citoyenneté, aménagement, éthique… Des projets participatifs, ludiques et artistiques peuvent faciliter l’appropriation de cette thématique par les élèves. Des acteurs ayant mené à bien de tels projets viennent partager leur expérience lors de cette conférence.

La culture du risque, colorée « prévention », et la culture de la sécurité, rattachée à la gestion de crise, cohabitent sans toutefois dialoguer systématiquement. Difficultés induites par des vocabulaires et des référentiels séparés, des sphères professionnelles différentes, la continuité depuis la prévention jusqu’à la post-crise pourrait bénéficier d’une plus grande porosité entre ces deux mondes.

C’est à cette problématique que s’attaque l’atelier : pour nourrir une culture commune autour du risque et améliorer la résilience des territoires et des organisations, comment utiliser les outils pour créer du lien entre les acteurs ? Comment faire du risque un enjeu collectif ?

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